Piment oiseau

Parce que j'aime tout ce qui est relevé et que j'ai un appétit d'oiseau. Mais saviez-vous qu'un oiseau peut manger jusqu'à 2 fois son poids? Ben c'est mon cas.

09 octobre 2009

Nasi goreng aux crevettes

assiette

Ma recette confort

Comme toute bloggueuse culinaire qui se respecte, je craque quelque fois pour des livres de recettes. Enfin souvent. Bon OK, ma bibliothèque est exclusivement remplie de bouquins de cuisine! C'est bon, vous êtes content? Note pour plus tard: réduire la dose de prozac.

crevettes

Naan, là j'exagère, y a aussi les livres qui avaient servi de références à mon mémoire de fin d'année, il y a trois ans. Mais bon vu que je bossais dans le design culinaire, je vous laisse deviner de quoi traitaient ces ouvrages... Dernièrement j'ai cédé à l'appel de la Cuisine des tribus, déniché à 8 euro chez Ah ma zone, au lieu de 38 au prix normal. On y retrouve les recettes fétiches de différentes communautés installées en France, originaires entre autres des îles Marquises, de Kabylie ou de Haïti. Je vous en reparlerais quand je pourrais m'acheter un nouvel appareil photo qui me coûtera sûrement un bras, voire les deux (mais comment va-t-elle pouvoir cuisiner?!!! suspense...) .

riz2

Et malgré tous ces beaux livres qui traînent un peu partout dans l'appart, je n'arrive jamais à suivre une recette de A à Z. Ma cuisine s'élabore à l'instinct, au gré des ingrédients que j'accumule et des souvenirs que je collecte dans un coin de ma tête.

Je me demande si j'ai pas trouvé là ma recette préférée. En tout cas une de ces variantes. Le riz sauté avecriz3 des légumes, du poulet, des fruits de mer ou de la viande, le tout arrosé de sauce soja... Pour moi c'est un plat rassurant, celui que je me fais quand je suis toute seule et que j'ai pas envie de sortir. Celui que je mange quand j'ai pas envie de cuisiner avec mon tablier et tout le tralala. Celui qui garde mes mains au chaud et pas seulement quand j'ai froid, qui me donne l'impression de m'enrouler dans une grosse couverture et qui me protège de l'extérieur.

Surtout, celui que faisait ma grand-mère dans son vieux wok patiné, le matin à 10h, entre le petit-déjeuner de 6h et le repas de midi. C'était le "sarapan", le petit-déjeuner à l'indonésienne, souvent à base de riz frit ("nasi goreng")et d'autres petits plats épicés. Quand je rentrais à la maison pour les vacances je reprenais de l'énergie pour l'année suivante grâce à sa cuisine! On improvisait des petits trucs à grignoter devant ses feuilletons préférés et on allait donner les restes aux chats. Enfin quand il y avait des restes. Elle me disait toujours que pour trouver un mari (et le garder) il fallait savoir faire la cuisine et toujours faire le lit le matin après le réveil :) J'arrive à garder la passion pour la cuisine, par contre le lit, c'est toujours un champ de bataille...

Nasi goreng aux crevettes (pour 2 pers.)

la_fouine-300g de riz cuit (environ)
-une douzaine de grosses crevettes (crues si possible)
-1 oignon
-2 gousses d'ail
-1 piment oiseau
-1 petite botte de ciboulette
-3 càs de sauce soja
-2 càs de sauce soja sucrée ("kecap manis")
-2 càc de graines de coriandre
-qq râpures de muscade
-sel, poivre
-1 càc de sucre
-un peu d'huile végétale neutre

Décortiquez les crevettes en laissant la queue. Ecrasez l'ail dans un mortier avec le piment, les graines de coriandre et le sucre. Faites chauffer le riz au micro-ondes (ça attache moins quand le riz est chaud).
Faites chauffer un peu d'huile dans un wok et faites-y revenir l'oignon finement émincé. Lorsqu'il est bien doré, ajoutez l'ail écrasé avec la coriandre et le piment. Remuez bien et ajoutez les crevettes. Remuez sur feu vif jusqu'à ce qu'elles rosissent (si elles sont crues, sinon remuez pendant 1 bonne minute) puis versez le riz cuit. Enlevez le wok du feu et mélangez bien avec une spatule. Arrosez des 2 sauces soja et assaisonnez de sel (pas trop à cause de la sauce soja), poivre et muscade râpée. Remettez le wok sur feu doux et continuez à remuer pour ne pas que ça attache. Ajoutez la ciboulette ciselée et servez bien chaud.

chat

Toujours en compagnie de la fouine...

16 juin 2009

Kolak: soupe froide de lait de coco à la patate douce et à la banane

kolak1

Plus qu'un dessert pour moi...

kolak2Bon, pas facile pour moi de me remettre sur les rails après toutes ces émotions... Je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui m'ont envoyé des messages de réconfort et d'amour, que ce soit sur le blog ou sur ma boîte mail. Il y a certains d'ailleurs que je n'ai pas réussi à lire une 2e fois, tellement c'était poignant et empreint de sensibilité. Merci encore.

J'ai passé un week-end émotionnellement chaotique, en équilibre instable entre la douleur de ne pas pouvoir rentrer voir ma famille, et la joie de recevoir un couple d'amis que je n'avais pas revu depuis un an. Pour ne pas plomber leur séjour qui était prévu depuis longtemps, j'avais décidé de ne rien leur dire, et faire comme si depandan rien n'était. A chaque fois c'est un bonheur pour eux de venir en Normandie, on a pu profiter du beau temps au bord de la mer, ainsi que dans la forêt où on s'est baladé dimanche. Ce que je ne savais pas, c'est qu'ils étaient au courant de la situation (par Mister T) et qu'eux aussi ont fait comme si de rien n'était en n'évoquant pas la question, afin de laisser la priorité aux bons moments passés entre amis et de ne pas retourner le couteau dans la plaie. Grâce à eux j'ai pu penser à autre chose et prendre un bon bol d'air pur, en les observant faire des patate_doucericochets sur les vagues avec des galets ramassés sur le sable, ou en admirant les fraises des bois poussant au pied du château de Guillaume le Conquérant à Falaise. J'avais bien entendu préparé des tas de bons petits plats pour leur arrivée, comme le katsudon ou le bami, ainsi que du kolak (prononcer [kolah]) pour le dessert, qui a eu un succès fou à table!

Il s'agit d'une recette assez symbolique pour moi, qui évoque pleins de souvenirs. C'est un dessert que l'on prépare souvent pour les offrandeskolak4 chez moi, que l'on destine au défunt qui vient manger une dernière fois à la maison avant de "partir". Normalement lors de la préparation de ces plats, il est formellement interdit de les goûter ou de les sentir avant de les déposer sur l'autel, car c'est comme si on les souillait. Je me souviens distinctement d'un jour où on avait préparé des offrandes pour mon arrière-grand-père, je devais avoir 7 ou 8 ans. J'étais chargée de transporter un bol de kolak jusqu'à l'autel qui était dans sa pandan_feuillemaison, celle-ci se situant juste en haut de celle de ma grand-mère. Sur le chemin, j'étais tellement envoûtée par le parfum de ce dessert que je n'ai pas pu résister à la tentation de le humer à pleins poumons, en cachette bien sûr! Enfin, c'est ce que je croyais, car ma grand-mère m'avait surveillée de loin et je vous raconte pas l'engueulade que je me suis prise! Hi Hi ! Le bol était fichu, il fallait prendre un autre bol propre et le remplir avec du kolak non "souillé" par la petite gourmande insolente que j'étais! Quant au bol que j'avais entre mes mains, j'ai pu aller le déguster tranquillement dans mon coin...

Pour en revenir au dessert itself, il peut se servir tiède ou bien froid, voire glacé. Attention alors à bien le remuer, car le lait de coco fige rapidement au contact du froid et forme une couche épaisse en surface. Normalement on utilise des bananes poingo qui restent bien jaunes après la cuisson (voir les photos sur le billet du bougna), ainsi que des feuilles de pandanus, que j'ai cueillies dans le jardin et ramenées dans ma valise!  :) C'est facultatif, mais vous pourrez le remplacer par de la vanille en gousse ou liquide.

robinet

    

Kolak (pour 4 pers)

-300 g de patate doucekolak3
-2 bananes mûres
-180 g de sucre de palme
(ou sucre roux)
-50 cl d'eau
-1 boîte de lait de coco (environ 40 cl)
-2 feuilles de pandan (facultatif)
-1/2 càc de sel fin

Epluchez les patates douces et taillez-les en petits cubes. Mélangez l'eau et le sucre, puis portez à ébullition, avec les feuilles de pandanus (ou la vanille). Baissez le feu et jetez les feuilles, puis y ajouter les cubes de patate douce. Laissez cuire 10 minutes, puis versez le lait de coco et le sel. Ajoutez à la fin les bananes coupées en demi-rondelles, et laissez frémir pendant 5 à 10 min, à feu très doux. Laissez refroidir à température ambiante, puis servez tiède ou bien froid. Dégustez à la cuillère, et humez le parfum autant que vous voulez, c'est permis :)  !!!

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26 mars 2009

Sayur Gori: poulet mijoté au lait de coco et au fruit du jacquier

say1

Un plat indonésien pour me réchauffer le coeur

say3Non seulement le froid est revenu s'installer, mais en plus la pluie ramène sa fraise. Je sais pas dans quelle région vous habitez, vous, mais ici à Caen le temps n'est pas génial! C'est limite si on rallume pas le chauffage! Bouh, je veux du soleil, c'est trop demander? Eh oh, là-haut, on fait la sourde oreille ou bien?
Aujourd'hui j'ai eu envie d'un bon plat pour me réchauffer, vous voyez, lefruit genre de gros bol chaud et rassurant à tenir entre ses mains froides. Il s'agit ici d'une recette de famille, que je tiens de ma grand-mère. Avant quand on allait chez elle on préparait ce plat avec des morceaux de fruits de jacquier qui poussait dans son jardin. C'est un fruit énorme qui, paraît-il, peut peser jusqu'à 40 kg. Ca pousse directement sur le tronc de l'arbre, et ça peut être consommé comme un légume quand il est encore vert. D'ailleurs en indonésien "sayur" (prononcer [sayor] en roulant le R!) signifie "légume" et "gori" désigne le fruit du jacquier. J'en ai trouvé en conserve dans une épicerie asiatique, et je crois que ça existe aussi en surgelé.
Un légume-fruit étrange pour vous mais qui me rappelle pleins de souvenirs d'enfance!Lorsqu'on devait le cueillir, il fallait être au moins 2: une personne pour couper la tige avec un grand couteau de cuisine, et une autre pour réceptionner le monstre vert à bout de bras! Sans parler du dépiautage, quand on le consommait mûr et bien sucré, et qu'il fallait entourer le fruit de papier journal à cause des coulures de sève blanche. Voici en résumé, une recette nostalgique pour me réchauffer les mains et le coeur...

sayur

Sayur gori
(pour 4 pers.)

-1 poulet coupé en morceauxsay6
-1 boîte de fruit du jacquier
-1 oignon
-2 gousses d'ail
-1 boîte de lait de coco
-2 oeufs durs
-1 morceau de gingembre râpé
-2 càc de curry
-1 càc de sucre
-1 càs de sauce soja
-sel, poivre
-un peu d'huile végétale

Faites dorer les oignons émincés et l'ail écrasé dans un peu d'huile. Ajouter les morceaux de poulet et assaisonnez de sel, poivre, curry et sucre. Remuer et baisser le feu. Ajouter le gingembre et la sauce soja. Egoutter les morceaux de fruits du jacquier et ajoutez-les au poulet. Versez le lait de coco et laisser mijoter à petits bouillons, à couvert, pendant environ 30 minutes. Avant de servir, ajouter les oeufs coupés en 2 dans la sauce. Normalement il faut les faire frire, mais j'avais la flemme!
A déguster bien chaud avec du riz et un peu de piment, dans un grand bol, assis dans le canapé en regardant la pluie (ou un dvd!).
   

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11 février 2009

Lempers

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Encore une de mes innombrables madeleines de Proust!

lEh oui je suis encore vivante, la tempête ne m'a pas terrassée... Piment oiseau est resté bien accroché à sa branche!
Heureusement qu'on n'habite pas sur la façade atlantique, parce que sinon je crois bien que je me serais envolée! Déja que les rafales m'ont empêchée de dormir, j'imagine mal ce qu'ont du subir les voisins de l'Ouest cette nuit. Traumatisée par les images de la récente tempête qui a frappé le Sud-ouest, j'ai pris toutes mes précautions en rentrant tous les objets légers de mon balcon, de peur que ça se transforme en OBM (objet volant mortel)! Je crois que j'ai du trop regarder Twister quand j'étais ado, moi!
Enfin bref, me revoilà debout sur mes deux pattes, avec une recette nostalgique sous mon aile. Il s'agit des lempers (prononcer leumpeurrrrs en roulant les R !) que Mamie faisait quand j'étais petite. Mais curieusement, je ne l'ai jamais vu les faire! C'est toujours resté un mystère pour moi, jusqu'à ce que je lui demande la recette par téléphone, mais bon comme vous savez le secret des grands-mères réside dans l'approximatif: "Ben tu prends des feuilles de bananier, tu mets du riz gluant, un peu de abon et puis tu fais cuire à la vapeur; c'est tout!".ll
Et j'ai du me débrouiller avec ça, car il faut dire aussi que la facture commence à grimper très vite quand on appelle en Nouvelle-Calédonie! Ca doit bien faire 50 ct d'euro/ minute! Ca fait cher la recette!
Du coup j'ai du me creuser les méninges et aussi aller piocher du côté de chez Véro de Cuisine Métisse, qui avait publié cette recette il y a quelques temps. Une autre calédonienne d'origine indonésienne qui tient un blog génial et drôle!
Donc en gros vous l'aurez compris, il s'agit de rouleaux de riz gluant fourrés à la viande, enveloppés dans des feuilles de bananier puis cuits à la vapeur. Pour la viande, il s'agit de la recette du "abon" dont j'avais déja posté la recette ICI (clic!). Et vous pourrez naturellement remplacer les feuilles de bananier par du papier sulfurisé: j'ai déja essayé et ça marche!

Lempers (une dizaine environ)

-300g de abon
-500g de riz gluant
-10 carrés de feuilles de bananier

Faites cuire le riz gluant avec 1L d'eau.
Rincez les feuilles de bananier sous l'eau du robinet et séchez-les avec du papier absorbant.  Passez-les au-dessus d'une flamme pour les assouplir. Cette opération va aussi faire sortir de la feuille une substance naturellement anti-adhésive!
Disposez une couche de riz sur la feuille, du côté mat (sur l'envers de la feuille). Déposez un peu de abon
sur le riz et roulez en tenant la feuille, tout comme les maki japonais!
Rabattez les extrémités en les pliant et en les fixant avec des petits piques en bois. Faites-les cuire à la vapeur pendant environ 20-25 minutes. A déguster en les épluchant comme une banane! Miam miam, mais attention ché chaud!

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Une recette de chez moi pour mon 100e post, je ne pouvais pas faire mieux, non? :)

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16 décembre 2008

Klepons

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Et si on grignotait autre chose que des truffes au chocolat pour Noël?

Eh oui, j'ai réussi à tenir jusqu'au 15 décembre avant de parler de Noël! Ben voilà, maintenant c'est fait! On ne peut même plus sortir sans être illuminé par les décos "bling-bling" en veux-tu en voilà. D'ailleurs, ke3même pas besoin de sortir pour voir ça: je n'ai qu'à tourner la tête pour admirer à travers la baie vitrée ces magnifiques arbres tout pimpants avec les joyaux de la Couronne enlacés autour de leurs branches chétives. Ces mêmes breloques allumées toute la nuit et qui m'obligent à baisser le rideau métallique, sinon ça m'empêche de dormir tranquille!
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Et puis une fois dans la rue, tous les spots sont braqués vers les étals des traiteurs qui jouent des coudes pour nous proposer le meilleur saumon ou les meilleures truffes de la ville. On ne me la fait pas à moi, messieurs, gardez vos paniers gourmands pour d'autres clients, car moi je les fais toute seule, comme une grande!Hé hé! Et en plus je vais faire plus original que vous: je réalise les klepons comme ma Mamie! Na!
Ca faisait des siècles que je n'avais pas mangé ces petites bouchées indonésiennes à base de farine de riz gluant. Une ultime madeleine de Proust qui me ramène tout droit vers l'âge où j'avais le nez qui dépassait à peine de la nappe, la bouche bée et les yeux écarquillés pour ne pas perdre une miette de sa recette.

Klepons (pour un plateau entier, j'ai oublié de les compter!)

-250g de farine de riz gluant
-20 cl d'eau (+ ou - ça dépend de la qualité de la farine)
-du sucre de palme en bloc (ou des cubes de sucre brun)
-quelques gouttes de colorant alimentaire
-noix de coco râpée (fraîche si possible, sinon séchée ça fait l'affaire)

Cassez le sucre en petits morceaux. Mélangez la farine avec l'eau et le colorant alimentaire (à remplacer par du sirop si vous voulez). Il faut obtenir une boule de pâte homogène et souple, qui ne colle surtout pas aux doigts. Formez des petites boulettes de la taille d'une noix au creux de votre main. Aplatissez au milieu avec le pouce, déposez-y un morceau de sucre, et refermez la boule. Lorsque toute la pâte est épuisée, plongez les klepons dans une casserole d'eau bouillante. Lorsqu'ils remontent à la surface, égouttez-les avec une écumoire et déposez-les dans un saladier d'eau glacée pour stopper la cuisson. Une fois tiédis, égouttez-les rapidement et roulez-les dans la noix de coco.
Vous pouvez les déguster froids mais moi je les préfère encore tièdes car c'est là qu'ils sont le plus moelleux. A l'intérieur, le sucre fondu aura formé une sorte de poche liquide très agréable, mais attention quand vous croquerez dedans: ça risque de gicler comme une tomate cerise! Mister T en a eu sur le bout du nez, avant que je n'ai eu le temps de le prévenir :) C'est ça les gourmands!

Ah au fait: à prononcer "kleupônne" !

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06 décembre 2008

Abon sapi

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A prononcer "abonne sapi " !

ab1Il s'agit d'un plat typique indonésien, à base de viande de boeuf (sapi = "boeuf" en indonésien) poché dans un bouillon, effiloché, frit avec des épices puis caramélisé avec du lait de coco réduit. Bizarrement je ne me rappelle pas avoir vu ma grand-mère en faire, mais en tout cas je sais qu'il y en avait souvent dans le frigo envahi par ses innombrables boîtes en plastique et bocaux en verre. C'est toujours comme ça les mamies, ça entasse, ça conserve tout ce qui peut être encore bon demain, après-demain et le jour d'après (voire plus!)! Des fois elle oublie des trucs qu'elle avait mis de côté pour je ne sais quelle préparation et on est obligé de jeter discrètement, car sinon elle râle si on touche à ses réserves!

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Pour en revenir à la recette, il s'agit d'un plat très riche en saveurs, et il suffit juste de l'accompagner de riz blanc et d'un peu d'omelette nature, mais ça c'est facultatif. Chez nous on fait le contraire: on accompagne le riz d'abon sapi, car n'oublions pas que chez les calédoniens (et encore plus chez ceux d'origine indonésienne) le riz fait office de pain quotidien!

ABON SAPI (pour 4 pers.)

-500g de viande de boeuf (pas besoin de morceau "noble" car ça va finir en charpie: j'ai pris de la viande à pot-au-feu)
-1 càs de sucre brun
-3 càc de coriandre
-1,5 càc de cumin
-2 càc de jus de citron
-2 gros oignons finement émincés
-2 gousses d'ail écrasées
-120 ml de lait de coco
-3 càs d'huile neutre
-sel, poivre

Pour le bouillon:
-2 feuilles de laurier
-1 càc de pâte de tamarin (facultatif)

Pour l'omelette:
-2 oeufs
-3 càs de lait

ab2Mettez la viande coupée en gros morceaux dans une marmite avec le laurier et la pâte de tamarin. Recouvrez d'eau froide à hauteur et porter à ébullition. Laissez cuire 30 min à petits bouillons (ou plus, jusqu'à ce que les chairs se détachent facilement). Pendant ce temps préparez l'omelette à part et réservez-la dans une assiette. Egouttez et effilochez la viande à la main. Je l'ai mixée dans un robot, c'est plus rapide et on ne se brûle pas les doigts!
Faites rissoler les oignons et l'ail dans l'huile. Ajouter le cumin, la coriandre et le sucre. Quand ça commence à caraméliser, versez le citron et ajouter la viande. Salez, poivrez et remuez bien avec une spatule pour que le boeuf soit bien imprégné des épices.
Arrosez de lait de coco et laissez-le réduire à feu doux, jusqu'à ce que le boeuf l'ait complètement absorbé.
Servez une portion d'abon sapi sur une assiette de riz chaud, recouvert de lanières d'omelette. Vous pouvez conservez cette préparation dans une boîte hermétique pendant une semaine environ.

mamie_

Ma grand-mère et mon filleul Randy. Je ne le vois qu'une fois par an, mais il continue à me garder une part de gâteau même si je suis loin de lui!

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31 octobre 2008

Oup's la boulette!

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Eh non, pas de recette à la citrouille aujourd’hui, je ne célèbre pas Halloween ! Pourquoi ? Parce que cette fête typiquement américaine ne signifie rien pour moi, ça ne fait pas partie de ma culture et ça ne m’intéresse pas. Disons que les déguisements morbides, j’ai assez donné quand j’étais ado, à l’époque où j’étais fan de Marilyn Manson (si si). D’ailleurs j’avais complètement zappé que c’était Halloween aujourd’hui, jusqu’à ce que je croise dans la rue des ados accoutrés bizarrement. Je me suis dit « tiens, des gothiques qui ont mangé des fans de Tokio Hotel...ils savent vraiment plus s’habiller les jeunes maintenant ! ». Et puis j’ai vu des gamins déambuler en petits fantômes avec des paniers remplis de bonbons : bon sang mais bien sûûûr...

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Il y a des choses qui me dépassent totalement, comme ce jour où j’étais entrée dans une bibliothèque de manga. A l’intérieur, une foule de fanatiques de 12 ans maximum qui se pressaient pour faire dédicacer des cd. Je demande à un ado qui était la vedette du jour, celui-ci me répond que c’est machintruc, le fameux chanteur de « Cosplay ». Quoi, quoi ??? Le chanteur de Coldplay est là ? Mais pourquoi on m’a rien dit ?...Et là le gamin me corrige : non, pas Coldplay...COSPLAY ! Comme Costume Play, tu vois ? Il me montre une photo, et là mon adrénaline redescend au-dessous de zéro. C’est qui ça ? Et là la vieille jeune que je suis apprend qu’il s’agit d’un phénomène nippon consistant à se déguiser en personnage de jeux vidéo ou de manga. Gnin gnin gnin... Je suis sûre qu’il était même pas encore né quand moi je me trémoussais sur Ace of Base ! Non mais...Bon, j’avais bien lu dans son regard un sentiment de pitié qui disait : « t’es has been ou quoi ? »

En tout cas, voici une recette qui ne sera jamais has-been pour moi. C’est encore une de mes innombrables madeleines de Proust, qu’on faisait souvent en famille. Originaires d’Indonésie, les perkedel sont des boulettes à base de pommes de terre écrasées et de bœuf haché, roulées dans du blanc d’œuf puis frites. L’extérieur est croustillant et l’intérieur reste moelleux...




Perkedel (pour environ 30 boulettes) boulette3


1kg de pommes de terre à purée

300g de bœuf haché

2 oignons moyens

2 gousses d’ail

1 petit bouquet de persil

1 petit bouquet de ciboulette

2 œufs entiers +2 blancs

2 càc de sucre

sel, poivre, muscade

huile de friture


Epluchez les pommes de terre et coupez-les en gros morceaux. Faites-les bouillir pendant environ 25 min. Egouttez-les et écrasez-les à la fourchette ou au moulin à légumes, mais surtout pas au mixer (ce qui la rendrait élastique). Laissez refroidir dans un saladier. Faites revenir les oignons émincés dans un peu d’huile pour les faire dorer. Ajoutez-les à la purée avec la viande crue, l’ail pressé et les herbes ciselées. Cassez-y les 2 œufs entiers et mélangez le tout avec une spatule en bois, voire avec les mains :) si le contact avec la nourriture ne vous effraie pas. Assaisonnez de sel, poivre, sucre et muscade. Façonnez en petits galets et laissez-les reposer au frigo sur un plat filmé pour que ça fige. Sortez-les au bout de 30 min et trempez-les dans les blancs d’œufs légèrement battus à la fourchette. Faites frire les boulettes dans un bain d’huile chaude, jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Egouttez-les sur du papier absorbant avant de les déguster.

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09 octobre 2008

Les peyeks de Mamie

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Ma madeleine de Proust à moi, ce sont les « peyeks ». Depuis toute petite j’adore grignoter ces petites galettes croustillantes typiques indonésiennes. C’est ma grand-mère, native de Java, qui les faisait et qui les fait toujours aujourd’hui. C’est elle qui m’a transmis le virus de la cuisine, depuis que j’ai sept ans, lorsqu’elle m’a emmenée avec elle et ma mère pour mon premier voyage en Indonésie. En découvrant cette culture dont j’étais issue, j’ai fait connaissance avec une gastronomie qui me passionne toujours. Le thé au jasmin, les étals de piments frais, les marchands ambulants qui jonglent avec leur wok, les brochettes de poulet qui crépitent sur des barbecues de fortune au coin d’une rue...Autant de souvenirs qui contribuent à alimenter mon patrimoine culinaire aujourd’hui.

Mamie nous faisait participer très tôt à sa cuisine, puisqu’elle nous portait dans son dos quand elle faisait la popote, lorsqu’on était bébé. Je dis « on », car mis à part mes sœurs et mon frère, on ne compte plus le nombre d’enfants qu’elle a pu garder et chouchouter. A la manière des africaines, elle nous enserrait dans un grand pan de tissu en batik, puis elle nouait le tout autour de ses épaules. Tranquillement installé, on était bercé par le rythme de ses gestes de cordon-bleu, endormi par le parfum des épices. Je me demande si ma vocation ne serait pas déjà née inconsciemment à cette époque ? :)

PEYEKS (pour une vingtaine de galettes)

40 cl de lait de coco

175g de farine de riz

3 gousses d’ail écrasées

100g de lentilles crues

1 càs de graines de coriandre écrasées

1 càc de sel

Huile de friture

Faites tremper les lentilles dans de l'eau pendant toute la nuit et égouttez-les le lendemain.

Mélangez la farine avec le sel et les graines de coriandre. Versez le lait de coco et mélangez avec un fouet. Ajoutez l’ail pressé et les lentilles à la fin.

Faites chauffer de l’huile dans une poêle, il faut qu’elle fasse environ 3 cm de profondeur à vue d’œil. Versez l’appareil par petites louchées, pour former des petits disques qui vont gonfler pendant la cuisson. Attendez que les peyeks durcissent et se rigidifient avant de pouvoir les retourner avec 2 écumoires (ou autre ustensile). Laissez cuire à feu doux pour ne pas que l’ail brûle et ne dégage une odeur âcre. Vous pouvez les retourner plusieurs fois s’ils ne sont pas colorés uniformément des 2 côtés. Lorsque les peyeks ont pris une belle couleur dorée, retirez-les de l’huile et égouttez-les sur du papier absorbant.

On peut remplacer les lentilles par des cacahuètes non salées, des petits anchois séchés, de la ciboulette émincée...

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A la maison on les mange à l’heure du thé mais ça peut aussi accompagner les repas. Dans ce cas on les casse en petits morceaux et parsemer sur du riz chaud. En tout cas lorsqu’on les grignote, ça doit faire « kriouk-kriouk » sous la dent, comme dirait Mamie :)

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