16 octobre 2009
Salade de thon blanc à la tahitienne
Encore mieux qu'une séance d'UV
Le danger quand on travaille chez soi, c'est qu'on peut vite se faire aspirer par le démon "no life". Surtout quand il pleut toute la journée et que sa moitié ne rentre pas manger à midi. C'est fou comme certaines journées peuvent paraître élastiques, à force de s'étendre s'étendre s'étendre... jusqu'à arriver à un point de tension qui nous fait péter un
câble. Non mais attendez là-haut, c'est quoi cette blague? Je suis obligée d'allumer la lumière alors qu'il est seulement 14h et que je bosse à côté de ma grande baie vitrée! Pour la température, n'en parlons pas, le radiateur est en route depuis hier et je suis enroulée comme un nem dans la couverture violette que Mister T avait "emprunté" lors de son dernier vol avec Korean Air.
Je vous raconte pas la dégaine que j'avais l'autre jour, quand j'ai du me sortir de la couette au 3e dring-dring de la factrice. On aurait dit une crevette impériale sur pattes (en pantoufles roses...et je n'invente rien), vous savez, le beignet chinois fait d'une minuscule crevette recouverte d'une tonne de pâte épaisse. C'était pareil, sauf que ma pâte à moi c'était une épaisseur de pulls informes et bien chauds. Heureusement que j'avais tout juste les doigts qui dépassaient pour signer sur le bidule électronique qui marchait qu'à moitié d'ailleurs.
Bon allez c'est pas tout, je vous envoie en express cette salade tahitienne que je fais les yeux fermés tellement j'adore, et je retourne me lover dans ma pâte à beignet.

Le poisson, avant et après 20 minutes de marinade dans le jus de citron.
Salade de thon blanc à la tahitienne (pour 4 pers.)
-400g de thon blanc extra-frais
-6 citrons
-350 ml de lait de coco
-2 carottes
-2 tomates
-1/2 concombre
-1 botte de ciboulette
-sel, poivre
Couper la chair du poisson en petits cubes et déposez-les dans un saladiers. Arrosez du jus des citrons et mélangez-bien pour qu'ils en soient bien imprégnés. Couvrez avec un torchon et laissez mariner ainsi pendant 20 minutes. Au bout de ce temps, égouttez le thon dans une passoire et rincez à l'eau froide très rapidement, pour enlever l'excès d'acidité.
Remettez le poisson dans le saladier, et versez le lait de coco. Assaisonnez de sel et poivre, puis ajoutez les crudités: concombre en rondelles, carottes râpées et tomates en dés. Parsemez la salade ciboulette ciselée et servez bien frais.
ps: on peut utiliser du saumon ou du poisson blanc pour cette recette. Si vous n'aimez pas trop le poisson cru, vous pouvez rallonger le temps de marinade à 1 à 2h, certains le laissent même toute la nuit.
Voir la version au saumon en cliquant ICI .
04 octobre 2009
Banane poingo et fruit à pain au lait de coco
L'assiette du dimanche...dans les îles
Epidémie de flemmingite aigüe chez Piment Oiseau aujourd'hui. Wouaaaarrrghh ... (baillement)
Comme ça fait du bien de ne rien faire des fois! Flâner au marché, tailler les plantes vertes sur le balcon, comater devant arte (j'ai enchaîné les 7 épisodes de Cuisines des terroirs cet aprem!)...
Vu que ça fait une semaine que je poste des recettes chaque jour, je m'octroie une petite journée "off" en puisant dans mes archives. En plus c'est même pas moi qui l'avais mitonné ce petit plat, mais mon père! Wouaah la feignasse... Depuis qu'il est à la retraite il a du temps pour ça et j'ai pu en profiter lors
de mon dernier séjour à la maison. Avant il ne cuisinait pas souvent, mais à chaque fois qu'il mettait la main à la pâte, on avait droit à des marmites fumantes qui embaumaient toute la maison. Ses plats avaient souvent un goût spécial qu'on n'arrivait jamais à reproduire. On se disait du coup avec ma mère et mes soeurs que c'était la touche "broussarde" de sa cuisine, terme qui désigne tout ce qui vient de la campagne dans le jargon calédonien. Que ce soit pour un rôti de cerf ou des roussettes mijotées au lait de coco, on avait toujours cet argument pour le pousser à chauffer les fourneaux, notre râleur de père! Je vous raconte pas la tronche qu'il faisait à chaque fois que je prenais mon assiette en photo... Il avait eu le temps de finir son assiette, que je n'avais même pas entamée la mienne, à force de faire des aller-retours jusqu'à la terrasse, pour mitrailler tranquillement.

Cette recette accompagnait du poisson au four
Il s'agit ici d'une recette plutôt destinée aux gens des îles, car les ingrédients ne sont pas très faciles à trouver en métropole. Je défie quiconque de me trouver du fruit à pain (ou "uru") et des bananes poingo quelque part en France! Bon si vraiment vous voulez vous lancer dans cette recette, remplacez ces deux ingrédients par de la patate douce, des bananes plantains ou du manioc.
Banane poingo et fruit à pain au lait de coco (pour 4 pers.)
-4 bananes poingo mûres
-2 fruits à pain
-1,5 L de lait de coco
-30cl d'eau
-1 càc de sel
Epluchez les fruits à pain et tranchez-les en gros quartiers. Epluchez les bananes poingo et les laisser entières. Déposez-les dans une grande marmite avec les quartiers de fruits à pain. Assaisonnez de sel et arrosez de lait de coco et d'eau. Portez à ébullition puis couvrez et laissez cuire à feu doux, pendant 30 minutes. Servez bien chaud, en accompagnement d'un plat pour un repas sucré-salé. C'est super bon avec du poisson grillé au four, du poulet au lait de coco ou même un rôti de porc.
16 juin 2009
Kolak: soupe froide de lait de coco à la patate douce et à la banane
Plus qu'un dessert pour moi...
Bon, pas facile pour moi de me remettre sur les rails après toutes ces émotions... Je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui m'ont envoyé des messages de réconfort et d'amour, que ce soit sur le blog ou sur ma boîte mail. Il y a certains d'ailleurs que je n'ai pas réussi à lire une 2e fois, tellement c'était poignant et empreint de sensibilité. Merci encore.
J'ai passé un week-end émotionnellement chaotique, en équilibre instable entre la douleur de ne pas pouvoir rentrer voir ma famille, et la joie de recevoir un couple d'amis que je n'avais pas revu depuis un an. Pour ne pas plomber leur séjour qui était prévu depuis longtemps, j'avais décidé de ne rien leur dire, et faire comme si de Il s'agit d'une recette assez symbolique pour moi, qui évoque pleins de souvenirs. C'est un dessert que l'on prépare souvent pour les offrandes Pour en revenir au dessert itself, il peut se servir tiède ou bien froid, voire glacé. Attention alors à bien le remuer, car le lait de coco fige rapidement au contact du froid et forme une couche épaisse en surface. Normalement on utilise des bananes poingo qui restent bien jaunes après la cuisson (voir les photos sur le billet du bougna), ainsi que des feuilles de pandanus, que j'ai cueillies dans le jardin et ramenées dans ma valise! :) C'est facultatif, mais vous pourrez le remplacer par de la vanille en gousse ou liquide. Kolak (pour 4 pers) -300 g de patate douce Epluchez les patates douces et taillez-les en petits cubes. Mélangez l'eau et le sucre, puis portez à ébullition, avec les feuilles de pandanus (ou la vanille). Baissez le feu et jetez les feuilles, puis y ajouter les cubes de patate douce. Laissez cuire 10 minutes, puis versez le lait de coco et le sel. Ajoutez à la fin les bananes coupées en demi-rondelles, et laissez frémir pendant 5 à 10 min, à feu très doux. Laissez refroidir à température ambiante, puis servez tiède ou bien froid. Dégustez à la cuillère, et humez le parfum autant que vous voulez, c'est permis :) !!!
rien n'était. A chaque fois c'est un bonheur pour eux de venir en Normandie, on a pu profiter du beau temps au bord de la mer, ainsi que dans la forêt où on s'est baladé dimanche. Ce que je ne savais pas, c'est qu'ils étaient au courant de la situation (par Mister T) et qu'eux aussi ont fait comme si de rien n'était en n'évoquant pas la question, afin de laisser la priorité aux bons moments passés entre amis et de ne pas retourner le couteau dans la plaie. Grâce à eux j'ai pu penser à autre chose et prendre un bon bol d'air pur, en les observant faire des
ricochets sur les vagues avec des galets ramassés sur le sable, ou en admirant les fraises des bois poussant au pied du château de Guillaume le Conquérant à Falaise. J'avais bien entendu préparé des tas de bons petits plats pour leur arrivée, comme le katsudon ou le bami, ainsi que du kolak (prononcer [kolah]) pour le dessert, qui a eu un succès fou à table!
chez moi, que l'on destine au défunt qui vient manger une dernière fois à la maison avant de "partir". Normalement lors de la préparation de ces plats, il est formellement interdit de les goûter ou de les sentir avant de les déposer sur l'autel, car c'est comme si on les souillait. Je me souviens distinctement d'un jour où on avait préparé des offrandes pour mon arrière-grand-père, je devais avoir 7 ou 8 ans. J'étais chargée de transporter un bol de kolak jusqu'à l'autel qui était dans sa
maison, celle-ci se situant juste en haut de celle de ma grand-mère. Sur le chemin, j'étais tellement envoûtée par le parfum de ce dessert que je n'ai pas pu résister à la tentation de le humer à pleins poumons, en cachette bien sûr! Enfin, c'est ce que je croyais, car ma grand-mère m'avait surveillée de loin et je vous raconte pas l'engueulade que je me suis prise! Hi Hi ! Le bol était fichu, il fallait prendre un autre bol propre et le remplir avec du kolak non "souillé" par la petite gourmande insolente que j'étais! Quant au bol que j'avais entre mes mains, j'ai pu aller le déguster tranquillement dans mon coin...
-2 bananes mûres
-180 g de sucre de palme
(ou sucre roux)
-50 cl d'eau
-1 boîte de lait de coco (environ 40 cl)
-2 feuilles de pandan (facultatif)
-1/2 càc de sel fin
07 juin 2009
Bougna aux fruits de mer
Comme un dimanche à la maison
Quel emploi du temps rempli j'ai eu, pour une fois! Je pourrais vous parler des appartements que l'on visite, Mister T et moi, à la recherche du cocon parfait. Comment choisir entre un appart situé auprès d'un magnifique parc mais un peu sombre, et un autre hyper lumineux et sorti tout droit d'un magazine de déco, mais un peu excentré? Je pourrais vous parler de mes problèmes de sécu, mais tout le monde s'en fiche que mon numéro ait disparu par magie des fichiers de l'INSEE. Je pourrais aussi vous parler de Mister C, un ami revenu du Canada et que je n'avais pas revu depuis un an, qu'on accueille pour le week-end et qui nous fait des super galettes bretonnes. Je pourrais vous parler de la Colline aux Oiseaux, un endroit fabuleux à Caen qui abrite (entre autres) une gigantesque et magnifique roseraie. Et bien entendu, que dire de Barack Obama pour qui nous avons fait le pied de grue pendant presque 2h à la sortie de sa
conférence de presse, et que l'on a finalement entraperçu pendant quelques nano-secondes...
Eh bien non, je ne vous parlerais pas de tout ça, j'ai autre chose en tête en ce moment. Un truc qui ne s'explique pas, comme un p'tit coup d'blues qui me ronge l'esprit depuis quelques jours. Ca ne fait qu'une semaine que je suis rentrée et la fée nostalgie me titille déja le cerveau! Faible petite âme que je suis!
Aujourd'hui, pas de super grand plat à l'horizon, c'est pourquoi j'ai fouiné dans mes archives de voyage une recette qui me tient à coeur et que j'avais envie de partager avec vous. Le bougna (j'en avais déja parlé ici), c'est un plat fédérateur qui est fait pour rassembler tout le monde, la famille, les amis, les gens qui s'aiment, ceux qui ne s'entendent pas, les enfant têtus, les soeurs qui ne se
font jamais de câlins mais qui s'adorent, les chats des voisins...etc. Il manquait plus que vous pour compléter ma liste!
Comme vous l'aurez deviné, j'ai utilisé des produits typiques des îles, comme le fruit à pain, l'igname mauve et la banane poingo. Vous pourrez facilement les remplacer par de la patate douce, des bananes plantains (ou des bananes tout court, pas trop mûres), du manioc (on en trouve même en hyper) ou alors simplement des pommes de terre. A la base ce plat se fait avec du poulet ou du poisson, mais j'ai voulu l' "engourmandiser" (ça existe, ce mot?) avec du crabe et des crevettes. Eh non vous ne rêvez pas, j'ai associé du crabe et de la banane dans mon assiette! Un peu surprenant pour certains, je m'en doute, mais c'est trop bon! Un vrai bonheur pour les amateurs de sucré-salé...
Traditionnellement on utilise aussi du lait de coco frais. Pour cela on râpe finement la chair d'une noix de coco, on la dépose au milieu d'un torchon propre, on arrose d'eau tiède et
on la presse à travers le tissu. Bien sûr pour faciliter les choses, je vous mets le feu vert pour le lait de coco en conserve!
Bon allez, trêve de bla-bla, il y a du pain sur la planche! Je vous donne la recette pour 8 à 10 personnes, car je vous rappelle que c'est un plat populaire qui réunit tout ce qui peut tenir une fourchette dans la main! A vous d'ajuster les proportions selon le nombre de convives of course!
Bougna aux fruits de mer (pour 8 à 10 pers.)
-3 crabes
-1,5 kg de crevettes fraîches
-6 bananes poingo (ou plantains)
-2 ignames mauves
-2 fruits à pain
-4 noix de coco fraîches
(ou 4 boîtes de lait de coco)
-2 bottes d'oignons nouveaux
-sel, poivre
Commencez par échauder les crabes en les plongeant dans de l'eau bouillante, puis les couper en morceaux. Epluchez les bananes, les ignames et les fruits à pain, puis détaillez-les en morceaux réguliers (cubes ou quartiers). Tapissez le fond de la marmite avec le crabe et recouvrez avec les fruits et légumes précédemment coupés. Ajoutez finalement les crevettes décortiquées, les oignons nouveaux, puis assaisonnez de sel et poivre. Si vous utilisez du coco frais, râpez la chair et déposez-la au milieu d'un torchon propre. Arrosez avec de l'eau tiède et pressez pour extraire le lait à travers le tissu.
Portez le tout à ébullition, puis laissez cuire à petits bouillons pendant environ 1h. A déguster avec qui vous voulez... Vérifiez la cuisson en plantant une lame de couteau dans un morceau d'igname. Et ça sera plus rapide si c'est cuit au feu de bois, comme ici!
26 mars 2009
Sayur Gori: poulet mijoté au lait de coco et au fruit du jacquier

Un plat indonésien pour me réchauffer le coeur
Non seulement le froid est revenu s'installer, mais en plus la pluie ramène sa fraise. Je sais pas dans quelle région vous habitez, vous, mais ici à Caen le temps n'est pas génial! C'est limite si on rallume pas le chauffage! Bouh, je veux du soleil, c'est trop demander? Eh oh, là-haut, on fait la sourde oreille ou bien?
Aujourd'hui j'ai eu envie d'un bon plat pour me réchauffer, vous voyez, le
genre de gros bol chaud et rassurant à tenir entre ses mains froides. Il s'agit ici d'une recette de famille, que je tiens de ma grand-mère. Avant quand on allait chez elle on préparait ce plat avec des morceaux de fruits de jacquier qui poussait dans son jardin. C'est un fruit énorme qui, paraît-il, peut peser jusqu'à 40 kg. Ca pousse directement sur le tronc de l'arbre, et ça peut être consommé comme un légume quand il est encore vert. D'ailleurs en indonésien "sayur" (prononcer [sayor] en roulant le R!) signifie "légume" et "gori" désigne le fruit du jacquier. J'en ai trouvé en conserve dans une épicerie asiatique, et je crois que ça existe aussi en surgelé.
Un légume-fruit étrange pour vous mais qui me rappelle pleins de souvenirs d'enfance!Lorsqu'on devait le cueillir, il fallait être au moins 2: une personne pour couper la tige avec un grand couteau de cuisine, et une autre pour réceptionner le monstre vert à bout de bras! Sans parler du dépiautage, quand on le consommait mûr et bien sucré, et qu'il fallait entourer le fruit de papier journal à cause des coulures de sève blanche. Voici en résumé, une recette nostalgique pour me réchauffer les mains et le coeur...

Sayur gori
(pour 4 pers.)
-1 poulet coupé en morceaux
-1 boîte de fruit du jacquier
-1 oignon
-2 gousses d'ail
-1 boîte de lait de coco
-2 oeufs durs
-1 morceau de gingembre râpé
-2 càc de curry
-1 càc de sucre
-1 càs de sauce soja
-sel, poivre
-un peu d'huile végétale
Faites dorer les oignons émincés et l'ail écrasé dans un peu d'huile. Ajouter les morceaux de poulet et assaisonnez de sel, poivre, curry et sucre. Remuer et baisser le feu. Ajouter le gingembre et la sauce soja. Egoutter les morceaux de fruits du jacquier et ajoutez-les au poulet. Versez le lait de coco et laisser mijoter à petits bouillons, à couvert, pendant environ 30 minutes. Avant de servir, ajouter les oeufs coupés en 2 dans la sauce. Normalement il faut les faire frire, mais j'avais la flemme!
A déguster bien chaud avec du riz et un peu de piment, dans un grand bol, assis dans le canapé en regardant la pluie (ou un dvd!).
21 mars 2009
Banane farcie à la wallisienne

Une recette des îles...que je découvre en même temps que vous!
Eh oui c'est pas parce qu'on vient du Pacifique que l'on connaît forcément ce qui se mijote dans les îles voisines. C'est que l'Océanie, c'est énorme! Déja, le Pacifique, c'est le plus grand océan de la planète. Et je vous le confirme, je l'ai survolé en reliant Los Angeles à Auckland : c'est l'un des vols directs les plus longs que j'ai pu effectuer! Dans l'avion, on mange, on regarde un film, on s'endort quelques heures...et quand on se réveille, on est toujours au-dessus de l'océan! Encore une sieste, un deuxième film, un troisième, un coup d'oeil au hublot et encore cette mer immense, scintillante comme une espèce de couverture de diamants dansant sous le soleil. C'est à la fois magnifique et flippant, de savoir qu'on est assis dans un avion depuis des heures au-dessus de l'eau! Enfin bref, je m'égare...
Cette recette est en partie destinée à une certaine Valérie qui m'a contactée via le blog et m'a demandé si je connaissais la cuisine typique de Wallis et Futuna. Franchement j'avoue qu'elle m'a posé une colle, car bien qu'ayant des amis wallisiens, je ne me suis jamais vraiment intéressée à leur popote. La première chose qui me vient en tête, c'est le cochon de lait rôti dans le four wallisien. Ca va sans dire que je n'allais pas investir le jardin botanique pour creuser un trou et y cuire un porcelet.
Donc je me suis renseignée par-ci par-là, et je suis tombée sur cette recette de banane farcie dont je n'ai jamais entendu parler jusqu'ici. Et bien je suis ravie d'avoir trouvé cette pépite! J'ai utilisé ici des bananes plantains encore vertes, dont la chair est très agréable à râper. Une banane suffit pour 2 personnes, car lorsqu'on farcit les demi-coques, on reconstitue un fruit entier. Mais si vous avez un appétit de wallisien, prévoyez-en 2 ou 3 par personne :)
Banane farcie à la wallisienne
(pour 2 pers)
-1 banane plantain verte
-100g de porc haché (ou boeuf)
-1 oeuf
-3 càs de lait de coco
-qq brins de ciboulette
-sel, poivre
-feuilles de bananier (facultatif)
Coupez la banane en 2 dans la longueur. Enlevez la chair avec une petite cuillère en faisant attention à ne pas abîmer la peau. Râpez la chair dans un saladier. Ajouter l'oeuf entier, la viande hachée, la ciboulette ciselée et le lait de coco. Assaisonnez de sel et poivre, puis mélangez. Remplissez les 1/2 coques avec cette farce et enveloppez les dans des feuilles de bananier (préalablement assouplies en les passant au-dessus d'une flamme) ou du papier sulfurisé. Fermez ces extrémités avec des cure-dents. Faites cuire à la vapeur pendant 45 minutes.
A déguster en rondelles, à l'aide des petits cure-dents qui ont servi à fermer les paquets.

28 février 2009
Muffins néo-calédoniens

...Ou comment faire rentrer un bougna dans un moule à muffin!
Quand je suis tombée sur la 13e édition du "Muffin monday", dont le thème s'appuie sur les saveurs du monde, j'ai évidemment pensé à rendre hommage à ma petite île. Le muffin n'est pas forcément un dessert répandu chez moi, où on lui préfère les douceurs à base de lait de coco ou de fruits. Alors j'ai tenté de combiner ces deux idées, en m'inspirant du plat typique qui symbolise la Nouvelle-Calédonie: le bougna! Il s'agit d'un plat d'origine kanak, à base de tubercules diverses (patates, taros, ignames...), de bananes poingo et de poulet (ou poisson, fruits de mer...). Le tout est arrosé de lait de coco, enveloppé dans des feuilles de bananier puis cuit à l'étouffée dans un four creusé dans la terre et tapissé de pierres brûlantes. Rien que ça! Je vous garantis que c'est un plat fédérateur, celui pour lequel on attend des heures avant de pouvoir déballer les feuilles de bananier comme on découvrirait un cadeau. Un moment unique à savourer sur place!
Pour ces muffins je n'ai gardé que les éléments sucrés (voire sacrés!) du bougna, autrement dit la banane, la patate douce et le lait de coco. J'aurais bien ajouté les autres ingrédients mais les moules étaient trop petits :)
Muffins néo-calédoniens
(une dizaine environ)
-150 g de farine
-150 de beurre ramolli
-150g de sucre
-2 oeufs
-1 càc de levure chimique
-5 càs de lait de coco
-200g de patate douce
-1 banane
-1 pincée de sel
Faites cuire la patate douce à la vapeur pendant 20 min. Une fois refroidie, épluchez-la et coupez-la en rondelles fines. Préchauffez le four à 180°C.
Versez le sucre sur le beurre mou et mélangez au fouet. Ajoutez les oeufs battus en omelette puis la farine, la levure et le sel. Versez le lait de coco et mélangez jusqu'à obtention d'une pâte homogène.
Déposez une càc de pâte au fond des moules, puis alternez quelques rondelles de patate douce et de banane. Recouvrez de pâte et enfournez pour 15 à 20 min. Laissez refroidir avant de démouler.

18 décembre 2008
Truffes à la carotte

Des truffes psychédéliques qui ont du peps !
Marre des truffes au choco qui vous laissent les doigts tout noirs de cacao? Les lutins ont trouvé la solution: des petites bouchées survitaminées à la carotte et à l'orange! Je les avais laissés regarder la télé tard hier soir, et ils sont restés scotchés devant la recette de Benoît Molin dans son émission sur les desserts, sur Cuisine TV. Si Mister T n'était pas là, le salon serait toujours occupé par Nigella, Jamie, Gordon, Heston et Benoît! Mais il n'y a déja pas assez de place pour les lutins, alors on est obligé de zapper pour ne pas se faire envahir.
La seule difficulté dans cette recette est de râper les carottes: ouh là là, ça va saigner dans les chaumières! Et ensuite, ça roule tout seul: confisage, égouttage, refroidissage et roulage. Juste un petit conseil: effectuez la cuisson la veille. J'ai légèrement modifié la présentation: Benoît Molin les recouvre entièrement de chocolat puis les roule dans de la noix de coco râpée. J'ai trouvé dommage de dissimuler la belle couleur fluo naturelle de la carotte sous une coque noire!
Truffes à la carotte
(pour 18 pièces)
-300g de carottes râpées 
(= 2 grosses carottes)
-200g de sucre
-15cl de jus d'orange (=2 oranges)
-3cl de jus de citron
-80g de chocolat noir
-2 càs de coco râpé
Versez dans une casserole le jus d'orange, le jus de citron et le sucre. Mélangez et ajoutez les carottes râpées. Laissez cuire à feu doux pendant 20 min. Laisser refroidir et égoutter dans un tamis en pressant bien avec une cuillère. L'idéal serait d'égoutter toute la nuit. Vous pouvez tout à fait récupérer le jus restant pour un gâteau au yaourt, par exemple.
Faites fondre le chocolat au bain-marie. Formez des petites boulettes de la taille d'une noix et trempez-les partiellement dans le chocolat, puis dans de la noix de coco râpée. Réservez-les sur du papier sulfurisé pour que le chocolat durcisse, à température ambiante. Sucrées et acidulées, ces petites bouchées pétillent sous le palais! :)

16 décembre 2008
Klepons

Et si on grignotait autre chose que des truffes au chocolat pour Noël?
Eh oui, j'ai réussi à tenir jusqu'au 15 décembre avant de parler de Noël! Ben voilà, maintenant c'est fait! On ne peut même plus sortir sans être illuminé par les décos "bling-bling" en veux-tu en voilà. D'ailleurs,
même pas besoin de sortir pour voir ça: je n'ai qu'à tourner la tête pour admirer à travers la baie vitrée ces magnifiques arbres tout pimpants avec les joyaux de la Couronne enlacés autour de leurs branches chétives. Ces mêmes breloques allumées toute la nuit et qui m'obligent à baisser le rideau métallique, sinon ça m'empêche de dormir tranquille!
Et puis une fois dans la rue, tous les spots sont braqués vers les étals des traiteurs qui jouent des coudes pour nous proposer le meilleur saumon ou les meilleures truffes de la ville. On ne me la fait pas à moi, messieurs, gardez vos paniers gourmands pour d'autres clients, car moi je les fais toute seule, comme une grande!Hé hé! Et en plus je vais faire plus original que vous: je réalise les klepons comme ma Mamie! Na!
Ca faisait des siècles que je n'avais pas mangé ces petites bouchées indonésiennes à base de farine de riz gluant. Une ultime madeleine de Proust qui me ramène tout droit vers l'âge où j'avais le nez qui dépassait à peine de la nappe, la bouche bée et les yeux écarquillés pour ne pas perdre une miette de sa recette.
Klepons (pour un plateau entier, j'ai oublié de les compter!)
-250g de farine de riz gluant
-20 cl d'eau (+ ou - ça dépend de la qualité de la farine)
-du sucre de palme en bloc (ou des cubes de sucre brun)
-quelques gouttes de colorant alimentaire
-noix de coco râpée (fraîche si possible, sinon séchée ça fait l'affaire)
Cassez le sucre en petits morceaux. Mélangez la farine avec l'eau et le colorant alimentaire (à remplacer par du sirop si vous voulez). Il faut obtenir une boule de pâte homogène et souple, qui ne colle surtout pas aux doigts. Formez des petites boulettes de la taille d'une noix au creux de votre main. Aplatissez au milieu avec le pouce, déposez-y un morceau de sucre, et refermez la boule. Lorsque toute la pâte est épuisée, plongez les klepons dans une casserole d'eau bouillante. Lorsqu'ils remontent à la surface, égouttez-les avec une écumoire et déposez-les dans un saladier d'eau glacée pour stopper la cuisson. Une fois tiédis, égouttez-les rapidement et roulez-les dans la noix de coco.
Vous pouvez les déguster froids mais moi je les préfère encore tièdes car c'est là qu'ils sont le plus moelleux. A l'intérieur, le sucre fondu aura formé une sorte de poche liquide très agréable, mais attention quand vous croquerez dedans: ça risque de gicler comme une tomate cerise! Mister T en a eu sur le bout du nez, avant que je n'ai eu le temps de le prévenir :) C'est ça les gourmands!
Ah au fait: à prononcer "kleupônne" !
14 décembre 2008
Salade tahitienne

J'VEUX DU SOLEIL DANS MON ASSIETTE !
Dire qu'il y a un an, j'étais en Nouvelle-Calédonie chez mes parents, pour des vacances aux vertus thérapeutiques. Quoi de plus régénérant que de retrouver sa famille, ses amis, son lagon et ses bons p'tits plats?
Dès la sortie de l'avion, on se prend la chaleur tropicale en pleine figure, ayant oublié à quel point le soleil "de là-bas" était omniprésent dès 5h du matin. Le matin, on se demande où on est, puis progressivement on sourit en reconnaissant les murs de notre ancienne chambre d'ado, avec les peluches qui n'ont jamais bougé de l'étagère. On se lève, on ouvre les volets, on n'entend aucune voiture, on ne voit aucun panneau signalétique à l'horizon. Juste le gazon d'un grand jardin ensoleillé, des fleurs qui scintillent avec la rosée, des oiseaux qui sifflotent sur les branches d'un manguier...Puis on n'a à peine le temps de pousser la porte que les rires des enfants résonnent dans le couloir, certains courant pour me sauter dans les bras, d'autres, plus timides, se cachant derrière la jupe de leur maman...Des moments privilégiés, comme ces dimanches où toute la famille se réunit, où je cuisine avec ma grand-mère et mes soeurs, pendant que ma mère en profite pour aller flâner entre ses orchidées, et que mon père et mon frère s'occupent à bricoler je ne sais où autour de la maison. Les gamins, eux, soit ils jouent dehors soit ils mettent le foutoir dans ma chambre pendant que j'ai le dos tourné. Ils en profitent, puisque j'ai les mains occupées à presser du citron pour la salade tahitienne, et que j'ai encore les brochettes à préparer. AHHHHH....Tout ça me manque tellement!
Salade tahitienne
(pour 4 pers.)
-500g de filet de poisson extra-frais
(j'ai pris du saumon)
-4 citrons
-350 ml de lait de coco
-2 carottes râpées
-1 concombre en rondelles
-2 oeufs durs en quartiers
-1 grosse tomate en cubes
-1 bouquet de ciboulette ciselée
-sel, poivre
Coupez le poisson en petits cubes pas trop fins. Mettez-les dans un saladier et arrosez-les du jus des 4 citrons. Laissez mariner ainsi 20 à 30 minutes, le temps que l'acidité du citron cuise la chair du poisson. Egouttez-le dans une passoire et rincez très rapidement à l'eau froide, mais pas trop, pour garder le goût du citron. Remettez dans le saladier, assaisonnez de sel et poivre, ajoutez les crudités et les oeufs. N'oubliez pas la petite touche verte avec la ciboulette, et pourquoi pas un peu de zeste de citron râpé. Arrosez le tout de lait de coco, mélangez bien et servez très frais avec du pain frais lui aussi!

Et une petite pensée chaleureuse pour Benoît en Ambre qui supportent les -25°C à Montréal actuellement!














