Speed
Fallait que j'vous raconte!
Alors mercredi, avec Mister T, on débarque à 13H45 à Paris, soit exactement 5H avant notre vol. Ayant peur de trouver le temps long, j'ai appelé Sara pour qu'on aille manger un truc en attendant (un gros bol de ramen chez Sapporo en fait, j'ai mangé que la moitié, quel gâchis quand j'y repense). A 16H30 on prend le bus pour Roissy, blindé de voyageurs encombrés de valises plus grosses que moi.
Et là... c'est le draaaaame...
Avec les bouchons, on a mis environ 50 minutes entre le quartier de l'Opéra et le périph !
Tous les passagers étaient à cran de chez à cran, y en a qui allaient voir le chauffeur pour demander s'il pouvait pas transformer son bus en time-machine, parce que vous voyez, là, je suis sûre de rater mon avion à ce rythme-là heiiin.
Non mais on est TOUS dans le même cas ma cocotte, si t'es pas contente fallait prendre le RER! (en fait c'est ce que je me suis dit intérieurement, mais pas trop fort car c'est moi qui avais dit à là fin que c'est "plus sympa en bus, on voit du paysage")(note pour plus tard, ne plus jamais donner de conseils à la noix, ou ne plus jamais prendre le bus, au choix).
Ensuite sur l'autoroute, monsieur le chauffeur a tellement appuyé sur le champignon que j'ai commencé à avoir mal au coeur dans les virages. Non mais c'est vrai quoi, une peau d'banane, et hop on galope par-dessus les buissons! Et là y avait même pas Keanu Reeves pour lui dire que c'était une question de vie ou de mort, on était déja tous mort... d'angoisse.
Je l'imaginais déja (le chauffeur, pas Keanu, suivez bon sang!) en train de débouler devant le terminal 2E (le notre) en serrant le frein à main à mort comme dans les films, en brûlant les pneus sur le bitume (n'importe quoi, faut que j'arrête les nanars), et en expulsant les passagers agglutinés contre la porte vitrée.
C'était presque ça, à chaque fois qu'il annonçait le numéro du terminal, les gars se préparaient comme des athlètes sur leurs starting-blocks, prêt à piquer un 100 mètres jusqu'au guichet d'enregistrement. On est arrivé à 18H09 devant notre terminal, sachant que l'enregistrement fermait à 18H15. J'ai jamais couru aussi vite de ma vie, Usain Bolt à côté c'est d'la gnognotte.
Quand enfin on arrive devant la file d'attente de vérification des passeports en suffocant comme des ours, le monsieur nous dit:
-"Mais...vous avez des bagages?"
-"Oui et alors?"
-" Ben c'est pas ici qu'on enregistre, c'est de l'autre côté!"
-"Quoi? Put... de #@%"$ !!!"
Rebelote, dans l'autre sens.
Y avait plus personne, le guichet venait de fermer, mais la dame était toujours là. Elle a pu rouvrir juste pour nous. Si j'avais pu, je l'aurais serrée dans mes bras, mais sincèrement, j'avais plus de force, j'avais les membres liquéfiés. On aurait dit Bob l'éponge, un carré avec des bras et des jambes tout mous comme des fils de scoubidous.
Une fois délestés de notre valise, re-rebelote dans l'autre sens. Cette fois c'était une femme, qui ne voulait pas nous laisser accéder à la file prioritaire. Si j'avais pas les bras en coton, je lui aurait envoyé un coup de poing dans la tronche. Alors on a fait la queue comme tout le monde. C'était long comme un jour sans riz (bah chacun son truc). Je jette un coup d'oeil sur la carte d'embarquement, et là que vois-je: "Après 18H25, tout passager se présentant au guichet sera refusé d'office".
Il était 18H32. OUPS. Stop. J'ai envie de mourir. Stop.
Et là, un petit ange descendu du ciel agent de sécurité est passé à côté, on lui vite résumé le film d'horreur dont on était les personnages principaux, et là MIRACLE. Il ne nous ouvre pas une, pas deux, pas trois barrières de sécurité, mais cinq! Oui m'sieurs dames, alléluia, DGIZEUSSS KWAIIIST !!! On est même passé devant des stewards et des hôtesses qui eux-mêmes sont déja prioritaires (mais on s'en fout d'eux, ils étaient à l'heure). Le temps qu'on remette nos chaussures, ceinture et manteaux (+ ordi dans les sacs, ils sont vraiment chiants de nous faire sortir les affaires qu'on a eu de mal à ranger), on avait déja dépassé le deadline. Et vous savez quoi? notre porte d'embarquement, c'était l'avant dernière, on ne la voyait même pas tellement elle était loin.
Et là je me suis dit que si j'avais fini mes ramen, j'aurais eu encore le courage de courir, mais j'en pouvais plus. J'avais encore mon sac de 12 tonnes en bandoulière (pourquoi les filles n'arrivent JAMAIS à voyager léger?) et ma valise avec mon matos de toute blogueuse qui se respecte (laptop+APN+30 km de câble). On a du agiter nos bras comme des singes pour que les hôtesses du guichet nous voient de loin et nous attendent. C'était pas de not' faute, y avait des embouteillages, et puis Keanu Reeves n'allait pas assez vite, je crois que je me suis un peu emmêlé les pinceaux.
Une fois ce dernier cap franchi, il a fallu descendre sur le tarmac sous la pluie, laisser ma petite valise au pied de la passerelle (parce que ça n'allait pas rentrer dans les portes-bagages, c'était un avion pour les mini-pouces). J'ai du la vider en quatrième vitesse, des fois que mon matos ne se retrouve en miettes à l'arrivée, ça valait la peine de prendre une valise si c'était pour la vider au pied de l'avion.
On est arrivé les derniers (SANS BLAAAAGUE ?), tout le monde nous regardait comme des pestiférés et on a du déranger un rugbyman de 2,50 m pour qu'on puisse ENFIN s'installer. En fait l'avion n'attendait plus que nous pour partir. La honte.
Bon sinon personne n'a trouvé la ville où j'étais? Allez je vous file un indice (mes potes FB n'ont pas le droit de jouer!). Voilà ce qu'on mange au petit-déj ici:
Tout ce que je peux vous dire, c'est que je suis confortablement installée près de la cheminée d'un bed and breakfast, après avoir passé la journée à me balader dans le froid et le vent.

